Portier d’élite du championnat de France pendant une vingtaine d’années, Nicolas Lemonne, ancien gardien de Créteil et Rennes, a réalisé ce week-end l’ultime parade de sa riche carrière. Une sortie par la grande porte pour ce solide rempart du hand tricolore.

L’annonce se veut discrète à l’image de la nature nonchalante du personnage. Nicolas Lemonne, 42 ans, ancien gardien de but de l’équipe de France a réalisé ce week-end contre Vernouillet pour le compte de la dernière journée de Nationale 1, le 800e et ultime match de sa riche carrière. Le 26 mai dernier, à l’occasion de la réception de son ancien club de Créteil, Nicolas Lemonne est acclamé en héros par la foule du Cercle Paul Bert. Unanime et reconnaissant, le fidèle public breton a salué l’ensemble de l’oeuvre accompli par le gardien tourangeau, en cinq saisons sous le maillot vert et noir. Malgré une défaite anecdotique (24-29), la soirée s’est conclue en apothéose pour le jeune retraité qui a vu l’ancienne et la nouvelle génération de handballeurs rendre hommage à son immense parcours sportif. Aux côtés de sa famille, de ses anciens partenaires de clubs tels Pierre-Yves Rigault, Christophe Zuniga ou Benoît Doré ainsi que devant les 400 supporteurs du gymnase Charles Geniaux venus acclamés une dernière fois leur grand blond au grand coeur.
L’histoire de Nicolas Lemonne avec le handball s’est inscrite dans l’intimité d’un parcours placide. Aussi humble que discret, le natif de Tours a écrit son histoire au fil du temps, en prenant toujours soin de ne jamais brûler les étapes en vue de sa future vie de joueur. Lorsqu’il découvre le jeu à sept, au collège, tout est le fruit du hasard. Alors entraîné par l’ancien joueur du Paris UC, René Chopin, le jeune garçon, s’éprend d’amour pour ce sport et décide de s’inscrire avec sa bande de copains au club de sa ville, Tours. Débutant au poste d’arrière, son mentor de l’époque, Laurent Bezeau le reconvertit au poste de gardien où il excellera par la suite. Bien qu’ayant refusé de se tourner vers le « sport-études », Nicolas Lemonne excelle dans les catégories jeunes où il remporte successivement les championnats de France Interligues et Universitaires en 1992 puis 1995. Fort de prestations remarquées avec son équipe de Saint-Cyr/Loire, il devient champion de France de Nationale 3 cette même année avant de s’embarquer pour Gien et la deuxième division. Comme il le confiait à nos confrères de HandAction en 2001, « Je n’aime pas brûler les étapes. Je crois que ma progression était normale : monter en N2 avec mon club et après, voir autre chose. Ça me gênait un peu de passer de la N3 à la D2. (…) Je laissais faire les choses car juste avant de rejoindre Gien, j’étais déjà à mille lieues de croire qu’un jour je pouvais jouer en D2. Quant à la D1, je ne l’imaginais même pas. » Toujours mesuré et réfléchi dans son attitude sur le terrain, sa discrétion naturelle sera mise à rude épreuve lorsqu’il intégrera en 1997, le Bataillon de Joinville, sous la houlette du redoutable Sylvain Nouet. Après cette expérience éprouvante, le grand Nico cède enfin à l’intersaison 1998 aux avances de Créteil et de son entraîneur Thierry Anti, qui lorgnait au loin la montée en puissance du jeune étudiant en STAPS. Volant la vedette à Yohann Delattre durant le mercato estival, Nicolas Lemonne s’engage en faveur du club Val-de-marnais pour ce qui sera la plus grande aventure de sa vie.

L’ange gardien de Créteil
360 matches disputés sous le maillot ciel et blanc, plus de 1800 arrêts réalisés, le légendaire n°16 des Béliers de Créteil aura à jamais marqué l’histoire du club. Arrivé sur la pointe des pieds dans l’effectif de ce club historique du hand Français, Nicolas Lemonne est à peine âgé de 22 ans quand Thierry Anti en fait un titulaire incontournable de son équipe. En compagnie, des jeunes talents Benoît Henry et Sébastien Quintallet, le talentueux gardien, incarne avec ses petits camarades le retour au plus haut niveau d’un club en perdition. Dans cette classe biberon, où la moyenne d’âge était d’environ 23 ans, l’actuel coach du H, Thierry Anti, a réussi en moins de quatre-saisons à faire rimer ambition et décontraction. Malgré la fougue et l’inexpérience de son jeune groupe, Anti va réussir à faire grimper l’USC sur les plus hautes marches du championnat. La consécration nationale et les joies de la victoire arrivent lors de la belle saison 2000-2001. Auteur de 297 parades sur l’année régulière, le grand « Nico » à l’image de son équipe permet à Créteil d’atteindre la troisième place du championnat ainsi qu’une demi-finale de coupe de France. Qualifié pour l’Europe après trois ans de disette, Créteil s’invite comme un prétendant au titre pour les saisons à venir. Une année riche en émotions qui le voit récompensé du titre de meilleur gardien de but de l’élite à l’occasion du Sept d’or du handball.
Rassurant derrière sa ligne, irréprochable aux sept-mètres, Nicolas Lemonne doit cette longévité au plus haut niveau à la précieuse formation de son entraîneur d’alors, Alain Chiffray. L’ancien portier de Livry-Gargan a décomplexé le jeu de son protégé en le tournant vers une expansivité débordante. D’un naturel réservé, Lemonne va révéler sa nature guerrière au public de Robert Oubron à l’occasion des matches de première division, durant lesquels il réalise une dizaine d’arrêts par rencontres. Entre 2002 et 2006, Lemonne et Créteil s’envolent sur les scènes nationales et continentales. Acteur marquant de l’épopée cristolienne de 2003 en coupe de la Ligue, Nicolas va écoeurer les tireurs montpelliérains dans une finale dantesque où il va réaliser quinze parades de haut vol. En s’imposant 27-23 et en privant le futur champion d’Europe, d’un quadruplé inédit, Créteil s’adjuge sa troisième coupe nationale de son histoire et fait un retour inédit par la grande porte du hand hexagonal. Une dynamique de victoire qui conduira les joueurs de Thierry Anti à la deuxième place du championnat en 2004 ainsi qu’à deux finales consécutives en coupe de France puis de nouveau en coupe de la Ligue, pour le plus grand bonheur du discret mais si efficace portier.
Créteil et l’Europe, c’est une grande histoire d’amour. Et ça, le stoïque blondin l’a bien compris en rejoignant l’effectif de l’écurie val-de-marnaise. Dès sa première année professionnelle, il dispute feu la Coupe des vainqueurs de coupe et atteint les seizièmes de finale de la compétition, éliminé par les Russes de Tcheliabinsk. Sous le maillot de Créteil, Nicolas Lemonne réalise l’exploit de participer à toutes les compétitions européennes existantes. De Pampelune à Verias, en passant par Göppingen et Kiel, Nicolas Lemonne a été de toutes les épopées continentales du club francilien. Avec sa quarantaine de matches disputés dont six de la prestigieuse Ligues des Champions, Nicolas Lemonne aura bouclé la boucle d’une riche carrière internationale conclue en 2009 d’un dernier tour de coupe EHF contre le voisin et rival ivryen. « On était tous très motivés par cette perspective. Jouer au niveau international était très excitant. Alors, quand une chance se présente, on y prend vite goût.», racontait celui-ci en 2002 dans une interview accordée au Parisien.
Durant onze saisons sous le maillot cristolien, de 1998 à 2009, Nicolas Lemonne a toujours fait preuve d’un grand professionnalisme. Avec chacun de ses compères gardiens, de Christophe Lassaut à Dragan Pocuca en passant par Fabien Arriubergé puis Yassine Idrissi, le n°16 tricolore a toujours entretenu une saine concurrence avec sa doublette attitrée. Montant en puissance au fil des saisons, ce dernier s’est toujours sacrifié pour son équipe de coeur et ne l’a jamais déçue. En fin de parcours avec Créteil, il réalise un ultime hold-up en propulsant l’équipe de Mile Isakovic au Final Four de la coupe de la Ligue 2008, en battant successivement Toulouse puis Chambéry, mais en échouant en finale contre Montpellier, comme un hasard de l’histoire. Après une dernière pige en 2009 et une ultime campagne européenne, Nicolas Lemonne tire sa révérence du club val-de-marnais en compagnie de ses héros d’autrefois, Benoît Henry, Pierre-Yves Rigault, Christophe Zuniga et Benjamin Desgrollard. Leurs chemins se séparent, mais Nicolas peut écrire les nouvelles pages de son épopée handballistique en Armorique.

Joker de luxe des Experts
L’équipe de France, Nicolas Lemonne l’a malheureusement pratiqué par intermittence. Une dualité sportive digne de la chansonnette du « je t’aime moi non plus », où tout se jouait dans l’ombre de l’indéboulonnable Thierry Omeyer. C’est Sylvain Nouet qui met un pied à l’étrier du discret joueur de Gien, en le sélectionnant à plusieurs reprises en équipe de France cadet. Tout bascule, lorsqu’en septembre 1997, il participe à sa première compétition internationale, le championnat du Monde junior en Turquie, en compagnie des Didier Dinart et autres Jérôme Fernandez. Se disputant le poste de numéro 2 avec Stéphane Clémençon, il ne dispute que des petits bouts de matches et ne s’impose pas réellement sur le terrain. Pourtant le talent est là, simplement le protégé de Thierry Anti doit accumuler de l’expérience pour prétendre à une carrière de haut niveau. Tous les espoirs sont placés en lui et comme il le rappelle avec détachement, « Les A ? j’y pense parce que les gens m’en parlent un peu, mais je n’en fais pas une fixation. (…) On m’a souvent dit que j’y serais un jour … Mais aujourd’hui, pour prétendre à une place, encore faudrait-il qu’il y en est une.» signifiait avec une pointe d’ambition le jeune joueur au magazine fédéral, HandMag. La patience est mère de vertus et ça Nicolas Lemonne, le comprend très vite. Fort de bonnes prestations avec Créteil, Claude Onesta le sélectionne pour disputer les Jeux Méditerranéens, sorte de coupe des Confédérations du handball. Le 09 septembre 2001, à l’occasion du deuxième match de poule contre la Grèce, le sélectionneur toulousain lance dans le grand bain le portier de Créteil qui réalise une convenable prestation avec sept arrêts au compteur. Les Bleus remporteront la médaille de bronze du tournoi après avoir défait dans un match âpre une valeureuse équipe espagnole. Malgré un temps de jeu réduit, Nicolas Lemonne peut être satisfait de ses bonnes prestations sous le maillot tricolore notamment en quart de finale contre la Yougoslavie. Son aventure Bleue ne fait que commencer …
Entre 2001 et 2005, Nicolas Lemonne enchaîne les sélections à un rythme effréné. Ses bonnes performances avec le maillot de Créteil lui permettent de porter à 18 reprises la tunique tricolore, en qualité de doublure officielle de Thierry Omeyer. Mis en concurrence avec Yohann Ploquin et Daouda Karaboué, le portier francilien brille dans l’ombre, mais manque parfois de régularité. À son propos, Claude Gnesta déclarait, « On l’a déjà vu meilleur. Mais, le poste de gardien de but est un poste à maturité. Le club, c’est une chose. La performance en équipe de France en est une autre. À lui de nous montrer qu’il est digne de confiance. ». Ce sera chose faite durant l’année 2003 où à l’occasion du tournoi de Bercy, le quatuor cristolien Lemonne-Kervadec-Louis-Guilbert fera mordre la poussière aux sélections danoises, hongroises et algériennes. Après plusieurs tournées amicales au Japon et au Mans contre la Russie, Claude Onesta décide de sélectionner sur sa liste, le portier francilien en vue du championnat d’Europe 2004 en Slovénie. Une nouvelle fois, son temps de jeu est plus que limité et il doit se contenter de partager les miettes avec Yohann Ploquin face à l’ogre Omeyer. Malgré quelques coups d’éclat contre la Hongrie (9/26) ou la Slovénie (5/18), le n°12 des Costauds ne se sentait pas pleinement investi de sa mission en bleu durant cet Euro, que la France achèvera à une très décevante sixième place. Réserviste pour la Coupe du Monde 2005 en Tunisie, Lemonne fait partie du groupe pour disputer la XVe édition des Jeux Méditerranéens à Almeria en Espagne. Après une phase de groupes maîtrisée ou Nicolas voit son temps de jeu de nouveau partagé avec Daouda Karaboué, il ne peut empêcher le naufrage de son équipe en quart de finale du tournoi contre la Tunisie. Malgré quatre parades dans le temps additionnel, Nicolas Lemonne voit la France sèchement battue, 29-27. Devant se contenter des matches de classement, la France échoue de nouveau à se relancer dans la compétition. Terminant à la septième place du tournoi, Nicolas Lemonne honore sa dernière sélection contre la Grèce (25-30) le 02 juin 2005, première nation qui l’avait révélé quatre ans plus tôt aux yeux du grand public. De cette riche expérience en équipe de France, Nicolas Lemonne confiera fataliste au site HandPlanet, « C’est toujours plaisant de faire partie des meilleurs joueurs français, mais pour être à l’aise dans un groupe, il me faut du temps et j’ai besoin de me sentir utile. Je n’ai participé qu’à un championnat d’Europe et si on l’avait gagné, je n’en aurais retiré aucune fierté tant je me suis senti inutile. (…) Malgré tout, je n’ai jamais été frustré par les non sélections en équipe de France car j’ai obtenu mon lot de rencontres internationales. ».
Dernières piges en Bretagne
Sollicité par David Christmann depuis son départ de Créteil, Nicolas Lemonne va accompagner l’éclosion dans l’élite du petit poucet du championnat de France, Cesson-Rennes. En quatre saisons en terre bretonne, l’ancien international dynamise les bonnes performances du plus petit budget de LNH. Joueur expérimenté du collectif cessonnais, ce dernier va se révéler un meneur d’hommes dans l’accompagnement de l’éclosion des jeunes talents tels Romain Briffe (Chambéry) et Romaric Guillo (Nantes). Malgré l’inexpérience du collectif de l’OC Cesson, Lemonne affiche la couleur de ses ambitions dès son arrivée au club comme le rappelle Ouest-France, « J’ai signé ici pour trois ans. Et j’ai envie d’y faire trois saisons en D1. ». Avec près de 100 rencontre de D1 en quatre ans et une moyenne de 700 arrêts, Lemonne se découvre avec Cesson une nouvelle jeunesse. Une constante progression pour le collectif Bretillien qui intègre le top 10 du championnat en un minimum de temps ainsi qu’une nomination au titre de meilleur gardien du championnat pour l’édition 2010 des Trophées du Handball. Cesson se complaît également dans la régularité en enchaînant deux quarts de finale de coupe de la Ligue entre 2011 et 2013. Pris dans la tempête de l’Affaire des Paris Suspects suite à la victoire de Cesson sur Montpellier (31-28), les bretons vont relever la tête pour assurer leur maintien dans l’élite. Au terme d’une excellente saison 2012-2013 qui se conclut par une très encourageante septième place, il quitte Cesson-Sévigné en proie à des difficultés budgétaires pour s’engager en faveur du voisin et modeste club de Nationale 1, le Cercle Paul Bert. De ces quatre formidables années à Cesson-Rennes, Nicolas Lemonne ne retient que du positif et le rappelle en interview à Ouest-France, «Je m’y suis bien senti, c’est ça aussi qui m’a donné envie de prolonger. Mon premier contrat à Cesson, je pensais que ce serait le dernier. Je ne pensais pas poursuivre la saison dernière, à la base. J’ai retrouvé à Cesson des valeurs de groupe que je ne ressentais plus à Créteil. (…) Alors je reste ici. J’étais en contact depuis un moment avec le CPB Rennes (promu en N1). Cela s’est concrétisé. C’est un petit challenge intéressant. J’avais encore envie de jouer un an, cela va me faire une transition un peu plus en douceur. Et me permettre de prendre du plaisir l’an prochain.».
Entre humilité et dévouement collectif, Nicolas Lemonne a immédiatement adhéré à l’éthique sportive du CPB Rennes. Pensant y finir sa carrière d’ici deux saisons, il y restera finalement cinq ans. Engagé dès 2013 dans son projet reconversion professionnelle, le portier de 37 ans va redécouvrir les bancs de la faculté, en y décrochant un Masters en métiers de la sécurité et d’intégration par le sport. Très impliqué dans ce projet, il a notamment développé des actions en faveur des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) en partenariat avec la Fédération Française de Handball à l’occasion du Mondial en France, « Notre animation « bas de tours » a en effet permis de faire le lien avec le Mondial. Concrètement, les QPV ne disposent pas toujours d’infrastructures sportives et nous installons alors des structures éphémères. En 2016, le secrétaire d‘État chargé des Sports, Thierry Braillard, est venu à notre rencontre et nous avons pu ainsi bénéficier de places pour le match France – Japon à Nantes et récompenser l’investissement des jeunes des quartiers. Nous avons aussi accompagné des jeunes à Brest pour assister à des matches de la Coupe du Président. (…) La proximité est un élément majeur pour fidéliser les jeunes qui ne sont pas toujours en capacité de se déplacer facilement en dehors de leur quartier. Si la concurrence avec le Football est vive, ces quartiers représentent un vivier de jeunes sportifs et de pépites à découvrir. ». Fidèle à ses convictions humanistes, Lemonne partage désormais son temps entre sa zone de but et son nouveau travail de professeur d’EPS dans les établissements scolaires de la ville. En l’espace de cinq ans, le CPB Rennes est devenu la structure la plus importante du handball en Bretagne. Forts de résultats réguliers qui l’ont conduit à affronter Nantes en 2015 pour les seizièmes de finale de la coupe de France, Rennes a réalise cette saison un parcours honorable en Nationale 1 avec une première place en Play Downs de la poule 1. Des derniers zestes de folies de Nicolas Lemonne à Rennes celui-ci optimise et confie aux colonnes du journal Ouest-France, « Ce que j’aimerais qu’on retienne de moi ? Mes chemises froissées (rires). Plus sérieusement, que j’étais un bon professionnel. Pas toujours un bon joueur, mais que je n’ai jamais triché. Et que j’ai été fidèle. ». À 42 ans, Nicolas Lemonne demeure un homme toujours décontracté qui est déjà arrivé au bout de ce rêve éveillé du haut niveau qu’il chambre sobrement, « J’ai déjà fait un sacré temps dans le handball. Je crois que j’ai fait le tour de la question, même si j’ai toujours ce côté enfant, qui fait que j’aime jouer à la baballe. Mais c’est plus raisonnable d’arrêter. ». Bonne continuation pour la suite Nico, en souvenir de tes beaux états de service du côté de Créteil.

Maxime Coupeau pour Hand Day