Mihailo Vojinovic a accepté de répondre à nos questions suite aux Jeux Méditerranéens en compagnie de l’équipe de France U18 la semaine dernière au Maroc. Les Français entraînés par Eric Quintin et Daouda Karaboué ont su faire preuve de grande maturité avec au bout de la compétition un alléchant 7/7 pour remporter ces jeux. 

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Lors de cette interview, « Voji » nous parle de son club, le SRVHB, de la victoire française au Maroc dans les Jeux Méditerranéens mais aussi de l’Euro en Croatie qui aura lieu cet été, un rendez-vous à ne pas manquer pour les minots.

Bonjour Mihailo, peux-tu te présenter ? J’ai 16 ans et je suis né à Belgrade en Serbie. Je joue actuellement au SRVHB ainsi qu’au Pôle Espoir Paca.

Tu es serbe mais tu vis en France depuis 2005. Tu as donc un parcours assez similaire à celui de Karabatic. Penses-tu pouvoir faire comme lui ? Oui exactement mes deux parents sont Serbes, je suis venu en France très petit, avant 2005 et j’ai eu la nationalité Française en 2006. C’est assez marrant oui, depuis toujours mon idole est Niko Karabatic, justement pour ce parcours similaire et sa capacité à bosser dur et à ne rien lâcher depuis qu’il est tout petit. Pour moi c’est un modèle et je souhaite un jour le remplacer en Équipe de France A. Le chemin est très difficile pour parvenir à ce rêve mais il faut y croire le plus possible.

De quelle nationalité te sens-tu le plus proche ? Serbe ou Française ? Le choix n’est pas simple. Je suis Serbe de sang mais sans hésiter, je dirais que je suis Français. La France m’a tout donnée.

Est-ce un plus niveau formation d’avoir un père entraîneur de handball et ancien international Serbe mais aussi une mère qui est ancienne internationale en gymnastique rythmique ? Oui c’est sûr que c’est un plus d’avoir un tel père, il m’aide au quotidien. Mais il faut savoir que c’est pas toujours facile, les exigences sont très élevées. Ma mère m’aide également beaucoup quotidiennement dans ma façon de réfléchir, elle connaît aussi le sport de haut niveau.

Avant de partir au Maroc, as-tu appréhendé cette compétition ? Bien sûr, il y a des équipes avec un style de jeu très différent du notre, chaque match a été une découverte pour nous tous. D’une autre part, ce n’est pas facile d’aller disputer un tournoi international, sachant que notre équipe était un mélange de plusieurs regroupements avec 0 entraînement commun. Cela s’est d’ailleurs vu au 1er match.

C’est donc un sans faute que vous avez présentez lors de cette compétition. Quelle est la clé du succès selon toi ? Tout d’abord la discipline ainsi qu’une bonne entente dans le groupe, tous les joueurs ne formaient qu’un sur et en dehors du terrain.

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Jean-Louis Guichard a déclaré que l’on pouvait maintenant vous appeler « minots », qu’en penses-tu ? Ce surnom te paraît-il normal ? Ce surnom est très touchant, et assez symbolique. Il me paraît normal mais tout n’est pas acquis, il faut continuer à travailler pour repousser ses limites.

La victoire est précieuse en vue de l’Euro en Croatie ? Oui, ce tournoi nous a permis de fonder un nouveau groupe mais aussi d’apporter une certaine confiance à l’équipe.

Penses-tu que la France part comme favorite pour l’Euro ? Je pense qu’il n’y a pas trop de favori à l’Euro, chaque match se joue sur des détails.

C’est une victoire encore plus belle car tu l’as remportée avec ton coéquipier, Escander Benfetoum ? Oui Escander Benfetoum, est plus qu’un coéquipier pour moi, c’est aussi un très bon ami et ça me fait plaisir de partager des moments avec. J’espère qu’on passera encore pleins d’expériences formidables comme celle-ci.

Comment vois-tu l’Euro de cet été ? Une envie d’aller au bout dans cette compétition malgré une très grosse poule ? On verra de jour en jour, l’équipe de France U19 n’est pas entièrement « fixée ». Le groupe va encore changer pour que le staff choisisse la meilleure équipe possible pour partir au stage de préparation. Je pense que notre objectif à l’Euro est de décrocher une médaille, voir de finir champion.

Tu es jeune, 16 ans mais ton objectif est-il de te faire un « nom à Saint-Raphaël ? On verra ce que l’avenir me réserve. Mon objectif est avant tout de retrouver mon niveau suite à ma saison blanche. J’ai repris très récemment .

En 2024, les JO seront à Paris. Ce sera ta génération en équipe de France A car tu auras 22. Penses-tu déjà à ces jeux ? Oui j’y pense évidemment, ça serait un rêve accompli pour moi. Il n’y rien de mieux pour un sportif que de participer aux JO surtout en France. En revanche, il ne faut pas se projeter aussi loin, il y a beaucoup d’étapes et de sueurs avant de parvenir à cet objectif.

Cela pourrait être pas mal une finale France-Serbie à Paris en 2024 ? Mihailo Vojinovic contre Aleksa Kolakovic ? Nous pouvons vous souhaiter cela à tous les deux ? Je l’espère très profondément, Aleksa est pour moi comme un grand frère, on s’aide quotidiennement et ça serait un moment de ma vie que je n’oublierai jamais. Mais je ne le laisserai pas gagner et je pense que pour lui ce sera pareil !

Ton meilleur souvenir dans le hand ? Mon meilleur souvenir reste le tournoi international en Grèce la première année où je suis allé avec les -14 ans du SRVHB. D’ailleurs j’ai été élu meilleur demi-centre du tournoi. Mais c’était plus l’aventure avec mes amis qui m’a marqué notamment le match joué face au Partizan de Belgrade.

Ton pire souvenir ? Ma saison blanche de l’année dernière à cause des cartilages de croissances…

Un grand merci à Voji pour cette interview et bonne chance pour la suite !

Mickaël Nassieu pour Hand Day