Championnat d'Europe Masculin

Euro 2018 (M) | Paroles d’Experts … Nedim Remili

5 min de lecture

Nouvelle perle de l’équipe de France, Nedim Remili suit avec brio les traces de ses glorieux aînés. Après un timide début de compétition, le Parisien s’est affirmé sur le terrain comme le nouveau leader technique des Bleus. Aussi discret que talentueux, le jeune arrière droit de 22 ans se dévoile en toute humilité sur sa nouvelle vie d’Expert. Rencontre.

Handball : Nedim Remili EDF

À quand remonte votre première sélection ? Pouvez-vous nous la raconter ?« Il y a deux ans, lors de la Golden League à Rouen, j’ai commencé mon premier match contre la Norvège. J’ai eu la chance de disputer une vingtaine de minutes et de marquer mon premier but, c’était vraiment une grande fierté. J’étais appelé pour pallier des blessures et j’ai réussi à faire ma place dans cette équipe pour pouvoir partir disputer ma première compétition, l’Euro 2016. C’était vraiment une très grande fierté. »

Que représente pour vous l’équipe de France ? « Une fierté et je trouve important de représenter son pays, dans une équipe qui gagne. C’est le Graal ! C’est une des meilleures équipes que notre sport n’est jamais connu et de la rejoindre, c’est une grande fierté. J’aspire à pouvoir m’inscrire dans cette Histoire et grandir avec elle. »

Selon vous, qu’est-ce-qu’un bon Expert ? « Bonne question…. Je ne sais pas ! Je ne suis pas un bon Expert, je pense que je suis encore un jeune qui apprend. Même si, je suis moins jeune que certains (rires). On l’a vu récemment avec la remise des coqs, pour récompenser le nombre de sélections, que nous faisions partie d’une nouvelle vague de joueurs qui arrivait et qui est là depuis maintenant 2-3 ans. Et donc on apprend surtout des anciens et peut-être qu’un bon Expert, c’est apprendre des cadres et pouvoir transmettre ce savoir aux plus jeunes. Mais pour l’instant, nous sommes encore dans la réception d’informations et on apprend encore de ces expériences, pour pouvoir être bon surtout dans les compétitions internationales. »

Avez-vous un petit surnom particulier ? « Je n’ai pas de petit surnom (rires). Moi, c’est juste Ned’ et je n’ai pas de surnom spécifique. Ned’, c’est déjà assez court (rires). »

Quel est votre meilleur match en sélection ? « Mon meilleur match … Je ne sais pas,mais je te dirais que celui qui m’a le plus marqué, c’est la finale contre la Norvège même si j’ai fait mon pire match de ce Mondial. Le match où je dirais que j’ai été le plus prolifique pour l’équipe, c’était contre la Suède en quart de finale, surtout en deuxième mi-temps où j’ai essayé d’apporter dans tous les compartiments du jeu. J’ai perdu des ballons, mais j’ai essayé d’apporter tout ce que je pouvais aux shoots, à la passe, et même en défense, en plus à Lille devant un record de spectateurs – 28 000 personnes – je pense que c’est un souvenir marquant. »

Handball : Nedim Remili France Slovenie

Votre plus beau but en Bleu ? « Je ne m’en rappelle plus (rires). »Avez-vous un souvenir particulier lié au championnat d’Europe ? « Peut-être la frustration d’il y a deux. J’étais dans cette équipe et j’étais encore le petit poucet qui jouais des fins de matches qui comptaient moins et par exemple, je n’ai pas pu aider l’équipe à se qualifier contre la Norvège. Je n’étais pas rentré en jeu et je me tâtais sur le banc mais voilà, il y avait les choix du coach qui comptaient aussi. C’est vrai qu’on était huit nouveaux à arriver dans l’équipe, et, c’était compliqué pour nous de jouer une grande compétition comme ça. C’est vrai qu’il y avait énormément de pression sur les épaules des Français, donc cette frustration m’a motivé pour la suite de ma saison avec Créteil. Et ça m’a donné l’envie de devenir meilleur pour pouvoir aider cette équipe à gagner, j’ai réussi l’année d’après et d’être dans la continuité de tout ça (…). Maintenant, j’espère faire une compétition aussi bonne que mon dernier Mondial et remporter le titre au bout, avec ces gars que j’apprécie beaucoup. Et, je fais confiance aux coachs et à tous les joueurs pour mettre l’investissement nécessaire et aller chercher cette médaille. »

Combien de médailles avez-vous gagnées ? D’après vous, quelle est celle que vous considérez comme la plus gratifiante à vos yeux ? « C’est un sentiment particulier,parce que c’est au-delà de la joie. À chaque fois, les gens nous posent la question : vous avez tout gagné, qu’est-ce-que vous pouvez vouloir de plus ? Il y a tellement de choses à vouloir en plus ! Déjà, ce sentiment de gagner avec les potes, c’est tellement énorme et des joies à partager avec tous ceux que l’on aime, qu’au final, on ait envie de gagner des titres tous les ans et ça procure une joie indescriptible qu’on a envie de vivre sans cesse.Mais pour cela, il faut gagner, travailler dur et se battre, pour encore gagner des compétitions. »

Comment résumeriez-vous votre vie en équipe de France ? « Elle est montée petit à petit. Je suis parti comme un jeune qui arrivait après avoir fait des belles choses en club et qui n’était rien au niveau international. J’ai énormément appris durant l’Euro 2016 (…) j’ai appris de cette frustration de cette compétition pour ensuite signer dans un grand club.Grâce au Mondial, j’ai été un peu plus reconnu et les équipes me connaissent. J’ai joué face aux meilleurs joueurs du monde, j’ai une finale de Ligue des Champions derrière moi,la finale du Mondial et les coupes nationales aussi. J’ai joué des matches avec beaucoup de pression et les coaches savent désormais qu’ils peuvent compter sur moi. Je suis très confiant sur mes capacités à aider cette équipe. Mes coéquipiers – qui font partie des meilleurs joueurs au monde – le savent et c’est cette confiance mutuelle qui va me faire grandir et avancer ensemble. »

Maxime Coupeau pour Hand Day